Otages intimes de Jeanne BENAMEUR

Résumé éditeur

Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l’ampleur de ce qu’il lui reste à ré-apprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril. De retour au village de l’enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre duquel il pourrait reprendre langue avec le monde. Au contact d’une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos.

★★★☆☆ J’ai un peu aimé.

Critique

Après des mois de captivité dans un pays déchiré par la guerre menée contre les islamistes, Etienne, photographe de guerre est libre, ou plutôt libéré car, enfin, comment peut-on se sentir libre après LA captivité.
« Depuis, c’est l’entre-deux. Plus vraiment captif, mais libre, non. »
Est-ce qu’il aura toujours peur, si à l’intérieur, la mort a fait son travail en faisant de lui une marchandise ?
C’est un subtil texte poétique et pudique à vous en couper le souffle que nous offre jeanne Benameur, doux comme une caresse, pudique comme un retour à la vie.
Jamais un mot trop fort ou trop dur. Tout est subtil, équilibré comme une musique d’enfance qui ramène Etienne dans sa campagne natale auprès de ses amis, de sa mère.
Les gestes du quotidien sauvent un peu, les paroles n’aident pas vraiment, et tous le comprennent assez vite.

C’est mieux comme ça. Ne pas insister ; le corps est un labyrinthe plein d’écho qui laissera entrer la nature, les notes. Les silences ont aussi toute leur place, là.
L’écriture intimiste sur le retour de cet otage qui vient bouleverser l’existence de ceux qui l’ont attendu, nous susurre qu’il faut, malgré tout, retourner au chaos du monde, et qu’il est bien douloureux de se poser quand on n’a jamais cessé d’errer.
J’ai beaucoup aimé ce roman qui explore magnifiquement le thème de l’intime et qui montre que l’otage n’est pas toujours celui que l’on croit, et que nos existences, comme le texte, avancent sur un fil, perpétuellement en équilibre instable.

 

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