mémoires d’un paysan bas-breton de jean-marie déguignet

Résumé éditeur :

Jean-Marie Déguignet est de ce type d’hommes dont le destin fait immanquablement penser à un roman picaresque.

Né en 1834 dans une très modeste famille bretonne, il a grandi dans un milieu « où presque personne ne savait lire ou même parler un mot de français « . Mais, dévoré par le désir de s’instruire, le petit vacher misérable apprit d’abord seul à lire et à écrire. Après s’être engagé dans l’armée, il prit part à presque toutes les campagnes de Napoléon III, de l’Italie au Mexique.

De retour en Bretagne, il se fit tour à tour agriculteur – ce qui lui donna l’occasion de rédiger un traité sur l’élevage des abeilles –, assureur, buraliste.

Ruiné, il mourut à l’hospice dans le plus grand dénuement peu après avoir achevé la rédaction de ses mémoires, qui seraient restés oubliés sans la ténacité d’un éditeur breton.

L’immense succès de ce livre déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires dit assez qu’il n’est pas un simple témoignage sur le passé.

Dans un style élégant, drôle et caustique, cet esprit original, – devenu anticlérical après avoir perdu la foi… à Jérusalem ! – brosse un portrait sans concession d’une Bretagne prise entre ses superstitions presque païennes et l’omnipotence de l’Église. – Thomas Ferrier

★★★★★ Que du bonheur !

Avis :

Mémoires d’un paysan Bas-breton fait partie des livres qui ont sommeillé dans ma bibliothèque plusieurs années avant que je ne le lise. Il me semblait qu’il me fallait être bien disposée pour l’apprécier à sa juste valeur.

Mieux qu’un mystère insoluble à résoudre (cette quête des manuscrits de JM Déguignet racontée en préambule s’avère incroyable), mille fois plus fort (car véridique) qu’un roman naturaliste ( il fut enfant-mendiant au début du 19ème ), presque aussi aventureux qu’un Jules Verne (la technologie en moins), voici l’histoire de sa propre vie racontée par un breton de « la race des gueux » né près de Quimper en 1834.

Ce personnage non fictif haut en couleurs et complètement autodidacte, pour quitter quelque temps sa misère s’est fait ensuite cultivateur (progressiste), soldat, buraliste… sur des périodes plus ou moins longues, mais toujours rendues avec une précision et un franc-parler que j’ai trouvés admirables.

JMD, afin de ne pas mourir d’ennui et de tristesse, a pris la plume sur sa fin de vie, et distille sur près de 500 pages un document humain absolument unique, d’une force inégalable. Ses opinions athées républicaines acérées éclairent le monde d’avant, la Bretagne quimpéroise, entre autres.

Ne redoutez aucun pathos ou sensiblerie de sa part ; JMB a été bercé très près du mur… Ce libre penseur (trop) en avance sur son temps appelle un chat un chat, et sait parfaitement décrire les injustices inhérentes au 19ème siècle.
En porte-à-faux avec son époque, et ses compatriotes, ce témoin des derniers révolutionnaires (1789), décédé peu avant la guerre de 14-18 m’a régalé d’un bout à l’autre.

Entre clairvoyance, lucidité et facultés cognitives supérieures, sa haine de l’obscurantisme religieux et des    » aristo- nobles  » finira par lui monter au cerveau. C’est en tout cas ce qu’en pensèrent les médecins.

Il terminera son existence, ivre de rage, seul, abandonné de tous. Sa soumission aurait désamorcé sa colère, mais JMD fit un autre choix. Au péril de sa sociabilité.

Un très grand livre…

 

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