20 ans avec mon chat de INABA Mayumi

Résumé éditeur :

Tout a commencé avec la rencontre d’un chaton égaré. Une boule de poils vaporeuse accrochée de toutes ses griffes au grillage d’un jardin. Une chatte friande de sardines et de bonite aigre-douce, qui va s’introduire dans la vie de cette habitante de Tokyo (qui ressemble beaucoup à l’auteur) pour très longtemps. Mî va partager avec elle quatre-vingts saisons, la rendre sensible à l’odeur du vent, aux signes de la nature, à la température de la lumière, et accompagner chacune des transformations de sa vie. Car ce roman étoilé de poèmes est aussi celui d’une femme traversée par la soif d’écrire, qui tous les soirs égrenait sur le papier des choses qui apparaissaient, ou disparaissaient, les yeux posés sur Mî blottie à ses côtés. La malicieuse chatte va se transformer, avec la vieillesse, en une belle endormie, et sa maîtresse, presque sans s’en apercevoir, va devenir écrivain…

★★★☆☆ J’ai un peu aimé.

Critique :

1. J’affectionne les publications des éditions PICQUIER.
2. J’apprécie les romans japonais, contemporains ou pas, et les « plumes » féminines emplies de DOUCEUR et de CONTEMPLATION.
3. J’adore les petits félins qu’on appelle les CHATS.

Tout concourait donc pour que je lise et tombe en pâmoison à la lecture de 20 ANS AVEC MON CHAT de Inaba Mayumi.

Assurément, j’y ai aimé l’écriture intimiste, à la première personne, (propre aussi à OGAWA Ito « Le restaurant de l’amour retrouvé », « La papeterie Tsubaki » …) dans un récit féminin où un animal permet à sa maîtresse d’aspirer à la liberté, de vivre en pleine conscience sans souffrir de solitude. Même à Tokyo, même dans un petit appartement au sommet d’un bâtiment gris et froid … grâce à qui ? grâce à la présence de Mî, sa chatte.

Cette ode aux éléments naturels dans la pure tradition japonaise dresse le portrait d’un chat qui apporte la joie à une jeune femme prenant confiance en elle, grâce à cette relation faite de douceur et de respect.
Deux moments dans le livre m’ont particulièrement touchée, l’adoption du chaton accroché à une grille et la mort du chat qui est vécu dans un transfert de trépas vers la lumière.

Hélas, je regrette qu’aucun retour de l’animal vers la femme qui le sert ne soit retranscrit. C’est ce qui m’a manqué, au fur et à mesure du récit. A aucun moment, il n’y a le moindre signe d’un moment de tendresse du chat vers celle qui la femme.
Cette délicate histoire inter-espèces illustrerait-elle avant tout le don de soi du côté humain, ou plutôt de quelles manières un animal, à travers la tendresse et l’attachement que lui porte un humain permet à ce dernier de se sentir parfaitement vivant malgré sa situation esseulée ?

Enfin, autre bémol, et le plus important pour moi, c’est que la dernière partie m’a carrément déplu, celle-ci étant très orientée « excrétions félines en fin de vie » ne nous épargnant pas les épisodes de vidages d’intestin, de vessie et autres histoires de cérumen dont je me serais passée. J’ai bien compris que l’amour pour cet animal est absolu, qu’elle est sa servante (n’oublions pas que les chats n’auraient pas de maître, juste des serviteurs) mais je trouve que cet aspect de leur relation gâche la poésie de ce texte pourtant charmant.

Voici un roman à garder quand même en ce qui me concerne, mais avec quelques partis pris de la part de l’auteure qui parce qu’elle a opéré certains choix d’écriture peuvent en rebuter certain(e)s.

 

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2 Commentaires

    • Agnès
      Auteur
      27 avril 2020 / 7 h 25 min

      Oui, très touchant et en même temps déroutant par moments.

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