Moi, Albert, détestateur de livres d’Ingrid CHABBERT

 

Résumé éditeur

On en connaît tous un. Un qui déteste les livres, qui ne peut pas les voir en peinture ! Ici, c’est Albert. Dès qu’on lui offre un livre, il va le cacher dans la cabane, au fond du jardin. Voilà. Point final.
Mais un jour, alors qu’Albert entre dans sa cabane pour dissimuler un nouveau livre, il découvre une souris installée là, en train de lire…ses livres ! Alors qu’Albert proteste, celle-ci répond :
– Tu les ranges ici tes livres ? Regarde, ils commencent à s’abimer.
– J’aime pas les livres, je déteste les livres !
– Ah ? Ben tant mieux pour moi, ça me fait de la lecture.
Les jours qui suivent, Albert se rend bien compte que la souris ne bouge pas d’un poil. Parfois elle éclate même de rire. Puis elle pleure, et parfois, elle sursaute.
Cela pique la curiosité d’Albert. Ce soir-là, il sort le livre qu’il a caché sous son oreiller et là…miracle ! Impossible de le refermer !
Et voilà. Depuis, le « détestateur » s’est transformé en « Adorateur de livres » ! Mais il ne manque jamais de laisser de nouvelles lectures pour la lectrice de la cabane, au fond du jardin.

★★★★★ Que du bonheur !

Critique

Voici Albert, premier « détestateur de livres » de l’histoire de la littérature de jeunesse.
Figurez-vous qu’Albert, ce garçon à la crinière bouclée et au tempérament fougueux est devenu expert du lance pierres sur livres, bouquins, etc…. soigneusement rangés sur les rayons des bibliothèques.
Quand il a le malheur (oui, on en est à ce point) d’en recevoir en cadeau(X), les objets patiemment détestés sont dégagés manu militari dans la cabane au fond du jardin. La pile est lourde (c’est bien, ça fait travailler les libraires), mais la volonté d’Albert ne faiblit jamais, car sa haine de l’objet – livre, quel qu’il soit, est immense.
Il faut dire qu’il est très mal tombé ; sa mère, son père, sa sœur…. bref tous sauf lui dans cette maison conjuguent allègrement le verbe LIRE à l’infini en feuilletant, parcourant, bouquinant, dévorant des pages et des pages chaque jour.
Du matin au soir, du soir au matin.
Ça lit vraiment partout.
Ça lit tout.

« Et ça perd son temps » pense Albert, car il y a beaucoup de choses plus intéressantes à faire quand on est un garçon tonitruant comme lui : console, télévision riment par exemple avec dragon et frissons. Et avec garçon aussi.
De dégoût en rejet des livres, un jour, un petit lapin se glisse dans l’histoire. Gare à ceux qui sous estiment le pouvoir des petits lapins dans les livres de littérature enfantine !
Sous ses airs de ne pas y toucher, sans rien dire, il renversera les représentations d’Albert, le bousculera, lui fera quitter ses retranchements réducteurs et puérils.
Cet album est celui que j’attendais pour réveiller les consciences des élèves endormis, l’espoir des parents et des enseignants parfois démotivés.

J’en rêvais, ils l’onbt fait : un album au format confortable, au graphisme moderne, aéré, sobre et tonique. Un album à la langue bien adaptée aux enfants d’aujourd’hui, de 4 ans à … 99 ans (si on aime les lapins et les livres).
Ingrid Chabbert, auteure jeunesse prolifique, tisse donc ici une narration impeccable, avec juste ce qu’il faut aux maîtres et aux maîtresses pour se dire qu’ils ont AUSSI travaillé un nouveau lexique et la syntaxe, car la structure des phrases est parfaite. C’est une langue à la fois vive et bien fournie. C’est un livre moderne par le ton qu’il utilise.
Je me vois déjà en train de lire cet album malicieux et intelligent aux enfants, en faire l’article aux enseignants.
Je sens que cette lecture sera théâtrale, et forcément un vrai régal.

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