un de baumugnes de jean giono

Résumé éditeur :

À la « Buvette du Piémont », un vieux journalier est attiré par un grand gars qui parait affreusement triste et provoque ses confidences : Albin venait de la montagne, de Baumugnes.

Trois ans auparavant, il était tombé amoureux fou d’une fille qui s’est laissé séduire par le Louis, « un type de Marseille, un jeune tout creux comme un mauvais radis». Le Louis ne lui avait pas caché que son intention était de mettre la fille sur le trottoir.

Depuis, Albin était inconsolable, traînant de ferme en ferme, sans se résoudre à remonter à Baumugnes.
Alors le vieux, qui n’est que bonté, décide d’aider Albin…

PROVENCE
Toute sa vie, Giono a écrit de courts essais, des préfaces, des articles. 
Le but de ces essais c’est de monter la Provence telle qu’il la connait et telle qu’il la voit Lire à la suite ces textes écrits sur la Provence à divers moments, c’est embrasser d’un coup le parcours si particulier de cette œuvre. Leur mérite est de se situer à mi-distance du pays où Giono n’a jamais cessé de vivre et des romans qu’il a écrit.

★★★★★ Que du bonheur !

Avis :

“Un de Baumugnes” est le premier texte de Jean Giono que je lis.

Ces quelques  pages sont un souffle littéraire qui m’a subjuguée dès le début de ce court roman. Je me suis prise une gifle, une bonne gifle.

J’avais apprécié les romans de Thyde Monnier et son ode à ses terres de Haute Provence, mais avec Giono, l’écriture particulière permet à la littérature de porter plus haut et plus fort encore les valeurs de la Nature à travers une  poignée d’hommes et de femmes humbles et courageux.

La langue de Giono, c’est d’abord un choc ; il m’a fallu relire plusieurs fois la première page avant d’entrer dans son style. Il y a là quelque chose de rugueux, de brut et de fort mais jamais déplaisant. J’ai tout de suite été immergée dans le passé, dans l’ailleurs, dans un monde enfoui et oublié. Tout ce que je cherche dans la lecture.

Les mots, les phrases ont épousé l’esprit des personnages, leur monde, leur essence. Cette prosodie, si particulière rapporte au mieux leurs pensées, douleurs, mais aussi les barrières sociales qui sous-tendent ces récits.

Et puis, ces gens sont poètes mais ils ne le savent pas. Giono, lui, nous le monte.

Comme un torrent qui charrie les pierres et emporte tout sur son passage, comme les sentiers arides qui relient les collines entre elles, cette histoire de sauvetage est d’une puissance incroyable.

Dans le cadre d’un hymne aux Hautes Alpes, les thèmes gionesques s’entrecroisent et se heurtent pour nous raconter le double destin d’une victime et d’un rédompteur. La victime, c’est Angèle, séduite par un mauvais garçon marseillais, donc victime de  la ville. Le rédempteur, c’est Albin, le fils de la Terre. Le narrateur, Amédée est merveilleux de pudeur et de bravoure et nous colle à notre lecture, mieux qu’avec un polar moderne.

La musique d’Albin, parce qu’elle est la voix même de la pureté  du village de Baumugnes “enlève” le Cœur d’Angèle, parce qu’elle est la musique de la promesse et de la réconciliation, et m’a enlevé le Cœur moi aussi. J’en redemande…

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