le temps, ça dure un peu, beaucoup, énormément de Rhéa Dufresne (Auteur) et d’Arianna Tamburini (Illustrations)

Résumé éditeur :

Le temps est une notion abstraite pour les tous-petits !

Ce livre leur donne des repères bien concrets pour évaluer les durées. Une seconde, c’est le temps qu’il faut pour faire un bisou. Une année, celui au bout duquel on va devoir changer de baskets…

★★★★☆ Lecture agréable, fort plaisante.

Avis :

L’accès aux livres est la possibilité pour un enfant de toucher du doigt l’imaginaire, mais aussi d’apprendre. Et cela dès son plus jeune âge.

Un livre sur la temporalité, sur le temps qui se déroule comme disait la poésie de Jean Tardieu  » Comment ça va sur la terre ? « … quelle belle idée ! Est-ce une gageure ?

Aborder la question du temps et de sa construction à l’âge de l’école maternelle relève en effet d’un défi majeur. S’il fallait définir le temps, adultes, nous serions souvent en peine de le faire.
Qu’est-ce que le temps ?
 » Si personne ne me le demande, je le sais, et si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne sais plus  » disait Saint-Augustin.

Si le temps est une construction de l’homme social, alors il doit être un des moyens essentiels pour socialiser les jeunes enfants.
Dans l’album « Le temps ça dure un peu beaucoup énormément… » rien de plus rigolo que de découvrir ce concept, de rendre palpable aux enfants en bas âge la mesure de cette chose invisible qu’est le temps.

Avec des exemples concrets, il devient enfin facile de saisir combien dure(nt) une minute, 30 minutes, etc… jusqu’à une année.
Cette durée est matérialisée par des actions connues et effectuées par les enfants comme  » lécher mes dix doigts couverts de chocolat « ,  » faire une grimace « … Certain/e/s diront, chronomètre en main que les tempos choisis ne sont pas justes, qu’on ne met pas EXACTEMENT les temps annoncés pour faire ceci… ou cela… Oui !!!  » sortir ma peinture et mes pinceaux  » ne prend pas 1h. Ne manque-t-il pas quelque chose pour remplir 60 minutes ?

Il faudra donc que l’enfant-lecteur saisisse l’implicite dans le texte, ce qui est intéressant aussi… sortir ma peinture et mes pinceaux, c’est créer.

Dommage aussi qu’une journée ne soit pas représentée par le lever et le coucher du soleil !

C’est parce que les auteurs ont choisi la poésie pour accompagner cette impalpable notion de durée.
Et je reconnais que si cela complique un peu les choses pour la compréhension, le livre devient alors vraiment album de littérature de jeunesse avec ses inférences à saisir. Le bonheur est là aussi. Ne cherchons pas la précision, mais que l’imaginaire rejoigne et dépasse la technique.

Reste que c’est un fort joli livre pour les 4 ans et plus, original avec cette touche de folie nécessaire pour accompagner de couleurs gaies et de graphismes toniques ce délicat concept.

C’est pour moi, à l’heure actuelle le meilleur album sur la question, pour les petiots.

Merci à Babelio et aux éditions du Ricochet de me l’avoir fait connaître.
Et merci aux auteures !!!

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