Qui a tué mon père de Édouard LOUIS

Résumé éditeur

« L’histoire de ton corps accuse l’histoire politique. »

★★☆☆☆ Bof ! Je n’ai pas vraiment apprécié ce livre.

Critique

Après avoir écouté en Audiolib ( et plutôt apprécié ) En finir avec Eddy Bellegueule, le premier ouvrage d’Edouard Louis, son dernier ouvrage ne pouvait que me tenter. Ce troisième opus qui se lit comme un récit est l’histoire d’un fils qui n’a appris à connaître son père que  » par accident « , par incidents. Evidemment la douleur des non-dits est partout présente. Ainsi, il écrit : » D’une manière générale, quand je repense au passé et à notre vie commune, je me souviens avant tout de ce que je ne t’ai pas dit, mes souvenirs sont ceux de ce qui n’a pas eu lieu « .
Mais n’ est-ce pas la tonalité que nous donnons bien souvent à nos relations parents – enfants après que les décennies soient passées ? Il me semble que oui.

La dénonciation d’Edouard Louis se fait au gré de détours autobiographiques tant du père que de lui et montre comment des populations dominées physiquement, culturellement et intellectuellement voient leur existence brisée à cause des politiques. Comme dans ses précédents ouvrages, il donne à voir la bêtise raciste et homophobe du milieu dont il est issu, la pauvreté humiliante, le sentiment de déclassement, mais également, parfois, les déclarations d’amour dissimulées entre le père et le fils.

Édouard Louis a voulu montrer à travers le corps de son père comment ce premier parle, met à jour des conditions de vie et des mauvais coups reçus ( sens figuré ou pas). Brûlot social, politique, révolutionnaire, ce texte qui pourrait s’apparenter aux premiers écrits d’Annie Ernaux ( La place par exemple ), mais en beaucoup moins bien selon moi, s’essouffle dès les premières pages.

J’ai trouvé que son style désastreux par moment ne permet pas à cette exploration familiale de se dévoiler dans son dysfonctionnement. Utiliser l’oralité pour écrire est intéressant, mais utiliser parfois des phrases lourdes, si lourdes et looongues à n’en plus finir ça me dérange grandement, car ce n’est ni de l’oralité transposée ni de l’écrit. C’est pour moi une sorte de charabia, et il est bon de reprendre sa respiration Monsieur Louis, même quand on est en colère !

Hélas, j’ai donc vite su que j’allais déchanter bien que le sujet soit tout à fait pertinent. J’aurais en effet aimé que cette charge soit plus fouillée, moins chaotique, menée plus finement. On n’entend pas assez toutes ces petites voix dominées ; Édouard Louis ne développe pas son propos, il y a tant à dire sur ce sujet, tant à raconter pourtant.

 

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