le chant du bison de antonio perez henanes

Résumé éditeur :

Il fut un temps où deux espèces humaines coexistaient sur terre : Homo sapiens et Néandertaliens. Que s’est-il passé pour que l’une d’elles disparaisse ?

Chat-Huant est encore jeune lorsqu’il voit arriver dans sa grotte celui que l’on surnomme l’errant, que tout le monde craint et respecte. La solitude du petit garçon et son intelligence poussent le grand homme à l’emmener avec lui dans son long périple.
Un voyage initiatique commence alors pour le jeune Homo sapiens, qui découvre de nouvelles contrées, de nouveaux horizons, de nouveaux clans, leur art, le pouvoir des femmes. Il va aussi s’approcher de la vallée des Premiers Hommes où vivent Terre d’Ombre et les Néandertaliens.

★★★★★ Que du bonheur !

Avis :

Au cœur du roman d’Antonio Perez Henares, vous trouverez des personnages aux noms d’animaux ou de végétaux (Pavot, Frêne, Grand Loup, Chat-huant…) ou d’une de leurs caractéristiques (L’Errant, Fauve – pour la couleur de ses cheveux, La Taiseuse, L’Aîné, Faux-pas pour celui qui a trébuché lors d’une chasse, L’Homme-Musicien…). Bienvenue au paléolithique supérieur, il y a 30000 ans environ avec « Le petit sans feu », L’homme mystérieux qui va d’un clan à un autre, et L’enfant hybride.
Par une plume délicate et rondement menée, tout ce petit monde avance avec soin, avec des touches délicates et une intelligente progressivité dont je me suis délectée.

Je ne spolierai pas l’histoire, ne la résumerai pas non plus, laissant au lecteur le plaisir de TOUT découvrir par lui-même. Ce récit est enlevé et cohérant. J’ai trouvé, dès le début du livre, que l’auteur nous narre de façon magistrale un monde vu sous le prisme de nos ancêtres, les chasseurs-cueilleurs Homo Sapiens, et de leurs cousins, les Homo Neanderthalensis. En plus de leur synergie avec leur environnement naturel, c’est la question de la disparition de l’espèce des Néandertaliens qui est mise ici en exergue.
Mais comme personne n’est revenu du temps passé pour nous dire ce qui s’est déroulé alors, nous ne saurons quelle proposition est exacte, celle de l’auteur ou d’autres comme la baisse de la natalité (manque de diversité génétique ou/et autre raison), changement climatique, guerre inter espèces, y aurait-il eu plusieurs raisons en même temps ?

Lu par exemple dans Le HuffPost : « En faisant varier les paramètres et en intégrant le peu de choses qu’on sait sur ces anciens humains, les auteurs concluent que certaines hypothèses ne sont pas possibles. Par exemple, une augmentation de la mortalité liée à des conflits ou des épidémies. “Cela aurait mené à une disparition trop rapide de la population néandertalienne !”, explique à l’AFP Silvana Condemi, anthropologue à l’université d’Aix Marseille et coauteure de l’étude. »
Le mystère demeurera…

De même que les traits de caractère, les rapports humains entre ces « premiers » hominidés européens, les intentions qu’on leur attribue dans cette histoire restent de la pure fiction. Je reconnais aussi qu’ils sont « attachants » (si si !) et que ce texte fictionnel, douce invention littéraire se révèle malgré tout un merveilleux antidote au quotidien.

Au fur et à mesure des déplacements de certains de ses protagonistes, Antonio Perez Henares inclut beaucoup de repères géologiques. C’est donc toute une documentation scientifique qui se superpose à l’histoire, ainsi que quelques licences littéraires que s’est autorisé le romancier espagnol et qu’il nous explicite.
Tout est documenté, et celui qui aime l’Espagne d’il y a 30000 ans verra son bonheur décuplé grâce à l’appui de la carte en début d’ouvrage pour un voyage en Cantabrie préhistorique.

Ce petit précis des temps très très anciens avec sa tonalité mystique limite prophétique m’a emportée dans l’antre des premières peintures rupestres, des cultes des gardiennes des Déesses et autres cérémonies primitives dont on a trouvé des vestiges de par l’Europe. La chasse n’a presque plus de secrets pour moi.

Juste un petit doute de ma part quand l’auteur écrit en note page 265 « Des génies comparables à n’importe lequel des grands maîtres de la peinture, tel Manet ou Vélasquez ». De telles comparaisons ne peuvent-elles pas être évitées ?

J’avoue avoir préféré cette lecture à la saga Les enfants de la terre de Jean M.Auel (que j’ai d’ailleurs fini par lâcher en fin de route pour mièvreries trop insistantes). Le chant du bison est quant à lui fluide, très bien écrit, la structure de l’histoire équilibrée et addictive. Seul regret (mais j’ai quand même mis 5 étoiles !) ; un dernier périple dans lequel moults déplacements et détails ont décéléré quelques temps le rythme du roman sur un chapitre.

Je renvoie les amoureux de cette période vers l’excellente BD HOMOS SAPIENS écrite et réalisée par le paléoanthropologue  Antoine BALZEAU et Pierre BAILLY.

Merci de m’avoir sélectionnée (MASSE CRITIQUE BABELIO janvier 2021) pour cette immersion complète, ce dépaysement brut et incroyable ; le mot FIN fut douloureux pour moi…

 

 

 

 

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