Chez nous de Marilynne ROBINSON

Résumé éditeur

Où les lecteurs envoûtés par la voix lumineuse du révérend John Ames dans Gilead (prix Pulitzer 2005) retrouvent cette petite ville de l’Iowa dont le centre géométrique s’est déplacé pour coïncider, cette fois, avec le foyer du révérend Robert Boughton, l’ami le plus proche de Ames.

Glory Boughton, 38 ans, est de retour à Gilead où son père achève sa vie. Bientôt son frère, Jack, le fils prodigue de la famille, disparu depuis plus de vingt ans, réapparaît lui aussi, en quête d’un refuge et dans l’espoir de faire la paix avec un passé tourmenté et douloureux. Jack est un personnage d’une exceptionnelle force romanesque : jadis enfant insupportable, devenu un adulte instable, alcoolique et incapable de se fixer ni de conserver un emploi, il est perpétuellement en porte à-faux avec le monde, avec ceux qui l’approchent comme avec les siens, notamment avec son père, homme de tradition, dont, malgré toutes les exactions dont il s’est rendu coupable, il est, contre toute attente, demeuré le fils préféré.

Brillant, séduisant, inspirant l’amour mais volage et imprévisible, Jack va pourtant nouer avec Glory un lien d’une intensité incandescente, de même qu’avec Ames, son parrain.

★★★★☆ Lecture agréable, fort plaisante… mais ça aurait pu être ENCORE mieux.

Critique

Glory Boughton est de retour dans la maison familiale à Gilead (Iowa) auprès de son père malade, l’ancien révérend respecté de toute une communauté. Âgée de 38 ans, la cadette d’une fratrie de 8 enfants voit arriver Jack, le fils prodigue, le frère au passé douloureux et à l’humeur inégale. Vingt ans qu’il n’était pas revenu. Vingt ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Les retrouvailles sont tendues, pudiques, particulières.
Chacun avec ses fêlures et ses parts d’ombre apprendra à se (re)connaître, grâce au regard bienveillant et déculpabilisant du père, au seuil de sa mort.

Le rythme un peu déroutant donné au texte épouse cependant parfaitement le quotidien et les retours en arrière de ces trois personnages inoubliables. L’enchaînement des petits détails actuels comme des drames anciens racontent avec justesse l’attachement spirituel de ce vieux révérend aux siens mais aussi au lieu.
La morale et la culture (biblique) contre la fatalité et la nostalgie.
L’amour de son prochain contre les erreurs de choix de vie.

Ce livre intime et rédempteur très teinté de religion protestante nous parle de famille et s’articule autour de la triple question de l’amour, du pardon et de la foi.
Même si je l’ai trouvé longuet, en raison d’un style dense et d’une écriture serrée, je n’ai pas pu le lâcher, tant les personnages sont merveilleusement humains et touchants d’amour.
Leur densité, la très belle écriture de Marilynne Robinson, la profondeur de son questionnement rendent ce texte universel et en font une belle leçon d’humilité et de retour sur soi.

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