TOUS LES HOMMES N’HABITENT PAS LE MONDE DE LA MEME FACON de Jean-Paul DUBOIS

Résumé :

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal, où il partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.

Fils d’un pasteur danois et d’une exploitante de cinéma à Toulouse, Paul Hansen vivait déjà au Canada quand s’est produit le drame.
À l’époque des faits, Hansen est superintendant à L’Excelsior, une résidence où il trouve à employer ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et plus encore de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne.

Aux commandes de son avion, Winona l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages.
Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et l’inévitable se produit.

Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent
pas le monde de la même façon est l’un des romans les plus aboutis de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain possédant au plus haut point le sens de la fraternité et animé par un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.

★★★★☆ Lecture agréable, fort plaisante.

Critique :

Qu’a donné pour moi la lecture du dernier Goncourt au titre aussi poétique qu’interminable ?

Tout d’abord, j’ai ressenti un grand plaisir de lecture grâce aux phrases ciselées, au style profond mais pas lourd, léger mais pas superficiel. Ensuite, m’a plu ce « pur », ce « bon » sentiment à tous les étages à l’égard des êtres simples et sincères, sans pathos pourtant à aucun moment.

Les personnages bien aiguisés et en bonus une rencontre improbable entre un anti-héros-loser et un gentil-taulard – dur-de-dur Hells Angel pathétique qui s’évanouit quand on lui coupe les cheveux se révèlent tous attachants.

Les voyages au Danemark, dans le Toulouse des années 50 jusqu’à Montréal, le Canada algonquin vu du ciel, la prison, en passant par un grand et bel immeuble de standing avec piscine, des petites vieilles (JP Dubois a raconté sur France Culture que ce roman avait été inspiré par une histoire vraie survenue à sa mère âgée), une indienne, des forêts, un chien, etc…et j’en passe… m’ont portée très loin en un si peu de pages.

Bref ! j’ai saisi un peu partout dans le texte de la part des éléments non humains des bribes d’un petit bonheur (nuages canadiens, chien labrador) au goût inoubliable.

Ce texte fait de nostalgie plutôt que de regrets alterne les chapitres de rétrospection familiale et de vécu en prison canadienne se montre, selon moi, comme un véritable antidote à la vie de nos contemporains. On y retrouve les points récurrents dans l’œuvre de JP DUBOIS, Toulouse et L’Amérique du Nord, sans oublier la bêtise humaine (moderne).

Ce roman bien construit fait l’éloge de la bienveillance reçue du père pasteur, de la simplicité du quotidien et du retour à la nature.

Court mais puissant, il résonne comme un plaidoyer pour le retour aux rapports, aux choses simples.

Ce n’est pas la révélation de la raison de l’emprisonnement de Paul qui m’a tenue en haleine, c’est la description psychosociologique d’un monde âpre et incohérent qui nous est donné à lire par LE romancier le plus moraliste qu’il soit, JP DUBOIS.

Alors, oui, à bien y réfléchir, il y a bien longtemps que je n’avais pas apprécié autant un Prix Goncourt ! Je l’ai beaucoup aimé parce qu’il m’a offert un regard tout à la fois empreint d’humour noir (société et « ses » loups) et de tendresse (incohérences sociales grandissantes) dans notre société dite moderne, et ça fait un sacré bien.

 

 

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2 Commentaires

  1. 17 avril 2020 / 10 h 21 min

    Un récit que j’ai également beaucoup apprécié (même si je me fais une autre image du Goncourt… peu importe). Une bonne dose d’humanité dans un monde qui en manque cruellement, et que l’on trouve là où l’attend finalement le moins.

    • Agnès
      Auteur
      18 avril 2020 / 10 h 58 min

      Je suis tout à fait d’accord avec vous et d’ailleurs, d’habitude, je ne lis que (très) rarement des Goncourt. Mais là, aucun regret.je connaissais (un peu) cet auteur et j’apprécie son univers qui me ressemble parfois.
      Merci pour votre commentaire.

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