La dernière fugitive de Tracy CHEVALIER

Résumé éditeur

Quand Honor Bright se décide à franchir l’Atlantique pour accompagner, au cœur de l’Ohio, sa sœur promise à un Anglais fraîchement émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d’une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l’Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu’enchanteresse ; rien dans cette terre ne résonne pour elle d’un écho familier. Sa sœur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule sur les routes accidentées du Nouveau Monde. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur. Parmi eux, Donovan, « chasseur d’esclaves », homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor se méfie des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu’au jour où elle découvre l’existence d’un « chemin de fer clandestin », réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada.

Portrait intime de l’éclosion d’une jeune femme, témoignage précieux sur les habitudes de deux communautés méconnues les quakers et les esclaves en fuite , La Dernière Fugitive confirme la maîtrise romanesque de l’auteur du best-seller La Jeune Fille à la perle.

★★★★★ Que du bonheur !

Critique

Bouleversante héroïne que cette Honor Bright, à la fois emplie de pudeur et de courage, si réservée et capable pourtant de braver les plus sombres dangers.
Oh oui, Tracy Chevalier a bien du talent pour nous brosser d’admirables portraits féminins. On le savait depuis son remarquable La jeune fille à la perle.

Dans La dernière fugitive qui se déroule au milieu du 19° siècle, il y est principalement question de Quakers, d’une Amérique sauvage offerte aux plus intrépides, et d’un Chemin de fer clandestin. Je ne dévoilerai que le minimum pour ce roman que j’ai trouvé à la fois universel et intimiste, facile à lire et profond. Tout ce que j’aime dans la lecture.
De l’intransigeance des protestants Quakers, de leur culte fondé sur le silence et le lien direct avec Dieu, vous saurez beaucoup de choses ici : sur la confection des quilts où excellent de génération en génération les couturières Anglo-Saxonnes, et sur l’historique Chemin de fer clandestin aussi.
Mais par-delà l’authenticité, le souci du détail vrai, c’est le mystérieux cheminement intérieur à la quête d’une lumière apaisante de Honor qui m’a ravie. Comment une jeune introvertie parvient-elle à défier les interdits au nom même de ses valeurs morales et de sa foi. Jusqu’à ne plus rien redouter, même l’exclusion de tous.

L’écriture subtile et limpide de Tracy Chevalier, grâce à ses descriptions emplies de lumière, de chlorophylle, de vie et de plénitude deviennent alors subtilement un envoûtant défi à l’humanité.
La littérature sert à explorer la fragilité des êtres, mais les plus fragiles ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

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