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le fou de bourdieu de fabrice pliskin – Juste lire, par Agnès

le fou de bourdieu de fabrice pliskin

Résumé éditeur :

 » Nous n’avons pas le choix entre la violence et la non-violence. Nous avons le choix entre la violence des dominants et la violence des dominés.  »
Antonin Suburre est bijoutier à Brioude. Au cours d’un braquage dans sa boutique, il abat l’un des voleurs, un jeune homme du nom de Chamseddine. Condamné pour homicide, Suburre découvre, en prison, l’œuvre de Pierre Bourdieu et l’opposition entre dominants et dominés qui fonde sa pensée.

À sa sortie, enivré par les livres de Bourdieu comme Don Quichotte par les romans de chevalerie, Suburre ne poursuit plus qu’un seul but : appliquer concrètement les principes du sociologue. Le destin lui en offre l’occasion quand, à Paris, il rencontre un autre jeune homme prénommé Chamseddine. Avide de rédemption, l’ancien bijoutier identifie immédiatement en lui le « dominé » auquel il doit apporter son soutien. Une amitié naît entre les deux hommes. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire.

Avec Le Fou de Bourdieu, Fabrice Pliskin crée une comédie humaine où il met au jour, avec une lucidité impitoyable, nos croyances et nos mensonges. À travers les aventures de Suburre, personnage aussi ambigu qu’inoubliable, Pliskin raconte les conflits idéologiques de la France d’aujourd’hui, aiguisés par les réseaux sociaux. Comme tous les grands romans, le sien ne juge pas ses personnages mais montre leurs contradictions et leurs dénis, leurs espoirs et leurs souffrances. En un mot, leur humanité.

★★☆☆☆  Bof ! Je n’ai pas vraiment apprécié ce livre. 

Mon avis :

Antonin Suburre est un personnage aussi clivé que clivant : petit-fils de meunier devenu bijoutier puis assassin involontaire, il découvre en prison l’œuvre de Pierre Bourdieu. Cette lecture, qui pourrait devenir une planche de salut, agit plutôt comme un révélateur trouble. Suburre, violenté et humilié derrière les barreaux, se met à regarder ses tortionnaires avec une compassion déroutante, persuadé qu’il doit comprendre pour excuser, et excuser pour réparer.

Happé par la sociologie de la domination, il se lance dans une quête éperdue des causes — celles de son propre crime, et celles des violences qu’il subit. Mais plus il s’interroge, plus il s’enfonce. Le monde se divise pour lui en dominants et dominés, jusqu’à la caricature. Sa pensée se radicalise, la frontière entre explication et justification s’efface, et il en vient même à avoir des « illuminations » du sociologue dans des transes hallucinées. Suburre finit par prêcher une sociologie combattive qu’il singe plus qu’il ne l’incarne, oubliant qu’autrefois il mimait déjà un racisme de façade. Les abandonnés qu’il veut défendre se moquent de lui, ses bonnes intentions basculent dans l’idéologie, et « la pureté des motifs excuse l’impureté des moyens » devient son mantra.

Malheureusement, arrivée à la page 253, j’ai décroché. Le roman s’étire, se répète, s’enlise. On tourne en rond tandis que le personnage s’enfonce dans un fatras conceptuel où les mêmes obsessions reviennent, sans progression réelle du récit. C’est long, bavard, parfois pesant. Probablement pour une raison de rythme plus que de style.

L’idée de confronter fiction, sociologie et déterminisme était prometteuse, mais le traitement manque de clarté : on peine à saisir la teinte que l’auteur souhaite donner à son propos. La sociologie est-elle ici un outil, une critique, un piège ? Rien n’est vraiment tranché, et l’excès de discours finit par desservir le roman.

En bref : un livre ambitieux mais confus, dont la radicalité du personnage étouffe peu à peu l’intrigue. Je me suis ennuyée.

Merci cependant à BABELIO et aux éditions LE CHERCHE MIDI pour cet envoi.

 

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