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les gens sont comme ça de philippe delerm – Juste lire, par Agnès

les gens sont comme ça de philippe delerm

Résumé éditeur :

« Les gens, quels sales types ! » disait Marcel Aymé. Les gens, c’est-à-dire toute l’humanité sauf vous à qui je parle, sauf moi… Que voulez-vous, les gens sont comme ça, si individualistes et grégaires cependant. On ne les refera pas, c’est sûr. Faut-il s’en accommoder ?
À moins d’entrer dans un couvent, la réponse est oui. Alors, vivre avec eux, en conservant la restriction mentale de penser qu’on n’est pas tout à fait comme eux ?
Les gens… C’est dans leur bouche qu’on entend ces petites phrases toutes faites qui nous font sourire, parfois nous désoler, nous moquer souvent. Philippe Delerm a récolté les plus savoureuses : « Tu me donneras la recette », « T’inquiète ! », « C’est ni fait ni à faire ».

Sous l’apparente banalité se cachent des vérités plus profondes qu’on ne croit. Les gens, c’est un peu nous aussi ?

★★★☆☆  J’ai un peu aimé.

Avis : 

Philippe Delerm a ce talent bien à lui : partir d’une petite phrase du quotidien — parfois une expression entière, parfois juste un fragment — et en faire un texte d’une page et demie où se mêlent observation, poésie, humour discret et digressions inattendues.

Dans ce recueil, il s’amuse avec trente-cinq expressions de notre langage courant, et on sent à chaque page qu’il prend un vrai plaisir à les décortiquer, les étirer, les faire résonner autrement.
Il y a des moments où je suis complètement embarquée.

Quand Delerm se met à analyser avec finesse, à glisser un peu de psychologie dans ses observations, je suis ravie. Certaines expressions deviennent de petites scènes humaines : on sent le plaisir de celui qui explique, qui observe, qui débusque nos travers avec une tendresse amusée. Et puis il y a ces passages où il flirte avec la philosophie, comme dans « T’inquiète ! », où il convoque Camus : « Il n’y a rien de plus tragique que la vie d’un homme heureux ». Ce genre de dérapage contrôlé, je le savoure.

D’autres textes sont de vraies réussites, comme son analyse de « Il vient du jazz », où il dépasse l’expression elle-même pour en révéler les couches sociales et culturelles. On sent le regard perçant, l’intelligence du détail, et cette capacité à entendre ce que les mots cachent derrière ce qu’ils disent.

Il arrive aussi que Delerm se laisse porter par son propre élan, et là, on peut se retrouver un peu surpris. Certaines digressions sont si rapides qu’on a l’impression qu’il est parti en sprint littéraire sans prévenir.

En trois paragraphes, il peut passer d’une remarque anodine à un épisode historique dramatique, et je me retrouve à reprendre mon souffle. Parfois aussi, le ton devient soudain mélancolique : la vieillesse, la solitude, l’EHPAD… C’est un virage qu’on n’avait pas forcément anticipé.

Et puis il y a ce joyeux mélange d’expressions qui n’ont rien à voir entre elles : accent du Sud, formule métaphysique, phrase fourre-tout… On sent qu’il se fait plaisir, qu’il laisse courir sa plume, et tant pis si la logique thématique s’efface un peu.

Après tout, Delerm le dit lui-même : « Parfois les mots ne sont pas là. Mais ils peuvent venir, et c’est très consolant. L’indicible n’existe pas. »

On est ici au pays des mots, de leur rythme, de leurs caprices, de leur puissance — pas au pays de la stricte cohérence.
 » Au final, Les gens sont comme ça  » est un recueil varié, joueur, parfois surprenant, toujours très Delerm.

On sourit, on lève les yeux au ciel, on se laisse dérouter, on se dit « mais qu’est-ce que ça vient faire là ? », puis une phrase lumineuse nous rattrape.

C’est un livre à picorer, à lire et à reprendre … comme on écoute quelqu’un raconter des choses du quotidien avec un style que personne d’autre n’a.

Merci à BABELIO pour ce voyage au pays de Philippe DELERM !

 

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