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le bruit du rêve contre la vitre de axel sénéquier – Juste lire, par Agnès

le bruit du rêve contre la vitre de axel sénéquier

Résumé éditeur :

« Sandra doit arriver d’une minute à l’autre. Il faut qu’elle se dépêche car derrière la vitre, il y a le soleil bleu, la mer jaune et les étoiles violettes qui s’impatientent, il y a cette vie bourdonnante qui attend qu’on la libère, il y a ces rêves qui frappent au carreau et craignent de mourir emprisonnés. Alors épuisé mais heureux, je désigne la fenêtre. L’infirmière comprend et me sourit. Lorsqu’elle tourne la poignée, le vent impatient s’engouffre dans cette chambre close et renverse les fleurs. Le vase explose sur le sol. Et dans les morceaux épars répandus aux quatre coins de la chambre, la lumière du soir se réfléchit et nous fait plisser les yeux. »

Douze nouvelles sur le confinement, le Covid-19 et cette époque trop sûre d’elle-même qu’un virus a balayée.

Du 17 mars au 11 mai 2020, Axel Sénéquier est resté confiné dans son appartement parisien.

Il a mis ce temps à profit pour faire la connaissance de ses trois enfants et écrire les 12 nouvelles qui composent ce recueil, le deuxième publié par les éditions Quadrature (après Les vrais héros ne portent pas de slip rouge).

Il est aussi auteur de théâtre. Son dernier test PCR s’est révélé négatif mais il continue de se désinfecter les mains plusieurs fois par jour.

★★★★☆ Lecture agréable, fort plaisante.

Avis :

Quand la littérature sait capter l’âme d’un monde suspendu…

C’est le troisième livre d’Axel Sénéquier que je lis, et je retrouve ici, intacte, cette plume qui me touche tant : à la fois délicate et profondément vivante, légère sans être superficielle, subtile sans jamais perdre sa chair.

Chez Axel S., il y a toujours cette sensation d’avoir affaire à un esprit « envolé » — au sens le plus beau du terme : un esprit vif, pétri d’humour, de sensibilité, et de cette indispensable distance au monde qui permet de survivre à sa brutalité. Une intelligence du regard, mais surtout une intelligence du cœur.

Ce recueil réunit douze nouvelles, toutes situées pendant le confinement de 2020. Des histoires fictives — mais dans lesquelles on sent parfois, très nettement, le vécu (ou l’observation d’un vécu) affleurer sous la surface. Et c’est là que le livre devient précieux : non pas comme témoignage frontal, mais comme transmutation littéraire de cette période étrange, suspendue, anxieuse, parfois absurde.

Ce que j’aime encore particulièrement dans l’écriture d’Axel Sénéquier, c’est sa capacité à capter le juste : le juste dialogue, le juste ressenti, la juste ambiance. Il sait donner une voix aux silences, une densité aux non-dits, une musique aux émotions ordinaires. On sent, à chaque page, ceux qui devaient écrire un jour.

Je ne raconterai pas les personnages ni les situations — qu’elles soient acerbes, poignantes, drôlissimes ou franchement dramatiques — car ce livre se découvre mieux sans préméditation. Mais une chose est sûre : dans cet espace contraint qu’était le confinement, Sénéquier déploie une étonnante liberté d’imaginaire, d’humanité et de ton.

Entre le fond et la forme, comme toujours, Axel Sénéquier touche juste.
Et c’est précisément ce « juste » qui fait que ce recueil ne parle pas seulement d’un moment de l’Histoire, mais de ce que nous sommes quand le monde se met à trembler.

 

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