Reflex de Maud MAYERAS

Résumé éditeur

 » Perdre un enfant est une maladie que l’on a peur de contracter. C’est une contagion dont on évite soigneusement les infectés. On change de trottoir, on les fuit à toutes jambes.
De ces gens-là, je suis la peste et le choléra. Je suis leur faucheuse, leur cancer, leur 22 long rifle. »
Iris, photographe de l’Identité Judiciaire, shoote comme d’autres boivent. Pour apaiser la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.
Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu’elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent.

Maud MAYERAS a reçu au salon de Montigny-lès-Cormeilles le prix du meilleur polar francophone 2014 pour son roman Reflex, publié chez A.Carrière (Thriller).

★★★★☆ Lecture agréable, fort plaisante.

Critique

Il n’est pas dans mes habitudes de lire des thrillers, mais à l’occasion d’un festival local, la tentation fut grande de me lancer dans la lecture du livre Reflex de Maud Mayeras.
La moitié de l’ouvrage est rédigée à la première personne, et de premier abord, même si c’est une manière que choisissent certains auteurs pour nous rendre plus vivante les actions et ressentis de leur personnage, cette tournure stylistique me rappelle un peu trop les livres pour ados style La déclaration, Hunger GAMES, Divergente….. etc…
Dès le début de la lecture, un sentiment bizarre m’a envahie : le personnage principal, Iris Baudry photographe de l’identité judiciaire que l’on sent pliée sous le poids d’un douloureux passé, nous décrit à travers le texte de l’auteur, ce qu’elle voit, ce qu’elle fait, mais PAS ce qu’elle ressent.
Normal, elle souffre beaucoup mentalement, et forcément, physiquement.
La manière qu’elle a de raconter ses actions, ses souvenirs…. est dénuée d’affects, et avec cet effet de style, j’ai été un peu déstabilisée.
Le malaise d’iris déteint en moi, grâce à une écriture au scalpel.
Ça fonctionne, même si j’avais un peu l’impression de lire un script de cinéma, tant, au début, les images retranscrites le sont avec une grande précision.
Reflex est un livre qui explore les chemins du deuil et de la colère. Mais pas seulement.
En fin d’ouvrage, des titres de chansons anglo-saxonnes pour la plupart font office de bande originale. Ce procédé qui unit vue et audition participe encore davantage à l’ambiance générale, mais certains titres sont trop métallisés pour moi.
Parallèlement au récit à la première personne d’iris nous est rapportée l’histoire de Julie, adolescente malchanceuse à la sortie de la Première guerre mondiale. Les réactions de son entourage – signes d’une autre époque – face au drame qu’elle vient de vivre sont stupéfiants, et on y croit.
Les chapitres à la troisième personne pour Julie et à la première personne pour Iris s’entremêlent très longtemps avant que je n’en saisisse le lien qui les unit. Je dois reconnaître que le personnage de Julie m’a plu ; comment des choses de ce genre ont – elles pu exister ? Révoltant.
La violence psychique est partout dans ce texte, mais on ne le voit qu’à la fin….
Iris, quand à elle, tente de survivre, entre son métier de photographe à l’identité judiciaire … et ses peines.
Mais qui est – elle réellement ?
L’avancée des données du récit est proportionnelle à la chaleur estivale dont souffrent les protagonistes. C’est, une fois les premiers chapitres passés, plutôt lent.
L’histoire perd un peu en force du côté d’iris, mais en gagne dans la destinée de Julie.
Il ne se passe plus grand chose (du moins croit – on !!!!), et il faut de la volonté (ou se laisser porter par la chaleur langoureuse dépeinte) pour ne pas lâcher, même si, quant à elle, l’écriture de Maud MAYERAS évolue très joliment à mon goût ; ses phrases au départ dépouillées laissant peu à peu la place à un style bien plus fouillé, travaillé, très plaisant.
J’ai eu l’impression que l’histoire n’a pris son envol qu’à la page 228 et que jusque-là les personnages secondaires n’ont été que des éclairs dans un texte très joliment écrit mais manquant de tension.
Erreur.
Double, triple erreurs.
Là est le génie de l’auteur. Nous tromper sur toute la ligne et nous faire marcher pas à pas avec la folie sans qu’on le sache.
J’ai pensé, à tort, qu’il y avait une dichotomie entre la première partie du livre et la deuxième, mais c’était pour mieux nous berner. Et c’est réussi.

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