PAS PLEURER DE LYDIE SALVAYRE

Résumé éditeur :

Deux voix entrelacées.

Celle, révoltée, de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationalistes avec la bénédiction de l’Église catholique contre les « mauvais pauvres ».

Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui, soixante-dix ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours radieux de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne.

Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent, comme enchantées par l’art romanesque de Lydie Salvayre, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, portées par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.

Lydie Salvayre a obtenu le prix Hermès du Premier roman pour La Déclaration, le prix Novembre (aujourd’hui prix Décembre) pour La Compagnie des spectres et le prix François Billetdoux pour BW. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues. Certains ont fait l’objet d’adaptations théâtrales.

★★★★★ Que du bonheur !

Critique :

Dans PAS PLEURER, Lydie Salvayre a remué les cendres de la jeunesse meurtrie de sa mère et l’Espagne basculant dans le franquisme en 1936.

Entre les rouges (et noirs) et les catholiques (ultra) effrayés par  » la démocratie et le socialisme « , l’Espagne fut à feu et à sang ; chaque camp ayant cru à la supériorité de ses idées sur l’autre.

Le déroulé des événements familiaux se croise avec les souvenirs de la vieille mère de l’auteure et avec le livre de Georges Bernanos « Les grands cimetières sous la lune ».

Eté 36 : finies les peurs et les abdications de la jeunesse pauvre espagnole, bonjour les milices libertaires et l’indiscipline organisée ! Nul être ne sera plus suspendu au bonvouloir d’un autre ont alors cru ces jeunes espagnols, pendant que l’écrivain Georges Bernanos, pourtant catholique,               observait et dénonçait  » ces meurtres perpétrés au nom de la Sainte Nation et de la Sainte Religion par une petite troupe de fous fanatiques enfermés dans la folie fanatique de leurs dogmes. »


L’auteure est cash (et j’ai adoré ça ) » Comme si de rien n’était, l’épiscopat espagnol, vendu aux meurtriers, bénit la terreur que ces derniers instaurent in nomine Domini.
Et comme si de rien n’était, toute l’Europe catholique ferme sa gueule.
Devant cette hypocrisie immonde, Bernanos éprouve un dégoût innommable.
J’éprouve le même, des années après. »

Lydie Salvayre dit s’être roulée littérairement dans  » les ressouvenirs maternels  » de la guerre civile et dans les ouvrages qui lui étaient consacrés (ce qui en fait un texte intelligemment documenté). Ce qu’elle en a fait se retrouve dans ce livre vrai, fort et beau.

Un PRIX GONCOURT 2014 hautement mérité à mon sens.
Un vrai régal de lecture pour moi, car aussi instructif que puissant.

Le fond et la forme réunis, que demander de mieux ?

 

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