Le diable au corps de Raymond RADIGUET

Résumé éditeur

Le premier roman d’un écrivain mort à vingt ans et l’un des plus beaux rôles de Gérard Philipe.
En 1918, un lycéen, François (prénom uniquement usité dans le film), s’éprend d’une jeune femme, Marthe, dont le fiancé, Jacques, est au front. L’amour fou, absolu, malgré tout et contre tous, voisins ricaneurs ou parents désemparés. Mais aussi, très vite, l’anxiété, la cruauté inconsciente, l’impossibilité pour un enfant de vivre une aventure d’homme. La guerre finit et ses « quatre ans de grandes vacances », Marthe meurt en mettant au monde l’enfant qu’elle a eu de François et qui sera la « seule de raison de vivre » de Jacques. » En voyant ce veuf si digne, je compris que l’ordre, à la longue, se met de lui-même autour des choses. Ne venais-je pas d’apprendre que Marthe était morte en m’appelant, et que mon fils aurait une existence raisonnable ? »

★★★★☆ Lecture agréable, fort plaisante.

Critique

Dans le diable au corps, un adolescent s’engouffre, pendant la première guerre mondiale dans une liaison passionnée avec une jeune bourgeoise fraîchement mariée de trois ans son aînée.

Écrit dans un style puissant et plein de verve, ce court roman rédigé à la première personne dresse le portrait d’un jeune homme quelque peu manipulateur hésitant entre l’amour et le libertinage.
Ce livre qui s’est vendu à 100000 exemplaires en trois mois décrit la puissance de la morale bourgeoise sous fond de patriotisme. L’idylle entre les deux personnages principaux est perturbée par l’entourage, mais aussi par le comportement lunatique et possessif de l’adolescent, beaucoup trop jeune pour entrer dans la logique d’une liaison suivie.

La puissance pour le personnage principal ne se montre que lorsqu’il en use avec injustice. Entre découverte des plaisirs charnels et introduction dans le monde des adultes, il n’y a qu’un pas qu’il franchit allègrement avec tout le culot que son esprit vif lui offre.
Ce petit monde de bourgeois, entre domestiques asservis et qu’en-dira-t-on, est croustillant à souhait, et reflète une époque révolue.
Inévitablement, l’apprenti se transformera en maître, et découvrira qu’il est bien douloureux de remettre sa liberté entre les mains de l’amour, et d’être asservi par ses sens. Surtout pour un (jeune) homme.
Voici donc une lecture courte mais intense que j’ai appréciée.

 

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