Le chœur des femmes de Martin WINCKLER

Résumé éditeur

Jean Atwood, interne des hôpitaux et quatre fois major de promotion, vise un poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique. Mais au lieu de lui attribuer le poste convoité, on l’envoie passer son dernier semestre d’internat dans un service de médecine consacré à la médecine des femmes – avortement, contraception, violences conjugales, maternité des adolescentes, accompagnement des cancers gynécologiques en phase terminale.
Le Docteur Atwood veut faire de la chirurgie, et non passer son temps à écouter des femmes parler d’elles-mêmes à longueur de journée. Ni servir un chef de service à la personnalité controversée. Car le mystérieux Docteur Karma – surnommé « Barbe-Bleue » – séduit sans vergogne, paraît-il, patientes et infirmières et maltraite sans pitié, dit-on, les internes placés sous ses ordres. Pour Jean Atwood, interne à la forte personnalité et qui brûle d’exercer son métier dans un environnement prestigieux, le conflit ouvert avec ce chef de service autoritaire semble inévitable.
Mais la réalité n’est jamais ce que l’on anticipe, et la rencontre entre les deux médecins ne va pas se dérouler comme l’interne l’imagine.

Le Chœur des femmes est un roman de formation : il raconte l’histoire d’un jeune médecin déjà modelé par la faculté et par sa spécialité d’élection et qui doit brusquement réviser ses préjugés devant une réalité qui lui avait échappé jusqu’ici : ce ne sont pas ses maîtres qui lui apprendront son métier, mais les patientes.
C’est un roman documentaire qui décrit la médecine des femmes, ses gestes, ses particularités, ses écueils, ses interrogations éthiques, comme aucun roman, ne l’a fait à ce jour, du moins en langue française.
C’est un roman choral (comme son nom l’indique) dont la structure s’inspire de celle de la comédie musicale : au fil de son itinéraire (un récitatif à la première personne) dans ce microcosme qu’est l’unité 77, le Docteur Atwood croise des femmes qui racontent (et parfois chantent) leur vie,

Marc Zaffran, né le 22 février 1955 à Alger, est un médecin français, connu sous l’unique pseudonyme de Martin Winckler, comme romancier et essayiste. Évoquant souvent la situation du système médical français, il est également critique de séries télévisées.

★★★☆☆ J’ai un peu aimé.

Critique

Une drôle d’impression me suit depuis le début de la lecture de ce roman.
Disons – le tout de suite : le fond comme la forme m’ont assez déplu.
Et pourtant, il flotte dans ce texte quelque chose d’indicible que je n’ai pas pu me résoudre à quitter en en interrompant la lecture.
Ce très long roman qui se lit plutôt bien (malgré certains passages insupportables de longueur), met en scène une brillante et ambitieuse interne en médecine et un généraliste chef de service surnommé « Barbe bleue », l’antithèse du médecin froid, technicien d’élite, auquel elle s’identifie. Evidemment ces personnalités dévoileront leur part d’ombre au fur et à mesure d’une intrigue que j’ai trouvé plutôt molle.
Ce livre est, selon moi, trop bavard, avec une action très centrée sur le pathos, et une fin totalement abracadabrante à mes yeux.

Même la description de l’univers médical où les luttes de pouvoir et d’intérêts dominent m’a laissée de marbre : trop de poncifs dans ce puzzle polyphonique qui montre, tour à tour, des personnages trop caricaturaux pour être réalistes à mes yeux de lectrice. Avec en prime une métamorphose réellement invraisemblable pour le personnage principal.
Mais, car il y a un « mais », au-delà du procès fait à la médecine contemporaine française, certes intéressant, c’est LE côté féministe de ce texte qui m’a tenue en haleine. Prolongeant la riche matière humaine glanée sur son site internet, Martin Winckler défend là une belle MEDECINE DE LA FEMME où le respect de l’individu est une vertu cardinale.

« On ne peut pas soigner les hommes et les femmes en partant du principe qu’ils mentent ! », s’emporte le docteur Karma.
Je ne peux que souscrire à son combat, et c’est pourquoi, malgré de nombreuses maladresses, je n’ai pas pu lâcher ce texte.

Enfin, Martin Winckler a le mérite d’avoir choisi un thème qui met au jour les souffrances intimes de milliers d’hommes et de femmes, largement aggravées par le comportement normatif du corps médical.

Des personnages dessinés autrement, un texte plus concis et une intrigue davantage mesurée auraient donné à ce roman un supplément d’âme, point d’équilibre entre l’intelligence du propos et la beauté sensorielle de l’écriture.

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