Bonsoir, la rose de Zijian CHI

Résumé éditeur

Il faut d’abord imaginer ce Grand Nord de la Chine aux si longs hivers, les fleurs de givre sur les vitres et l’explosion vitale des étés trop brefs. Puis Xiao’e, une jeune fille modeste, pas spécialement belle, dit-elle, pour qui la vie n’a jamais été tendre :« j’appartenais à une catégorie insidieusement repoussée et anéantie par d’invisibles forces mauvaises ». Et puis Léna aux yeux gris-bleu et au mode de vie raffiné, qui joue du piano et prie en hébreu, dont le visage exprime une solitude infinie. Elle qui avait une vie intérieure si riche, comment pouvait-elle ne pas avoir connu l’amour ? Xiao’e rencontre donc Léna, une vieille dame juive dont la famille s’est réfugiée à Harbin après la révolution d’Octobre. Tout semble les opposer, pourtant on découvrira qu’un terrible secret les lie. C’est un monde où les fantômes côtoient les supermarchés, où les blessures de l’enfance restent vivaces.

★★★★★ Que du bonheur !

Critique

Je ne sais plus ce qui sur Babelio m’a donné l’envie de plonger dans ce roman.
Probablement, d’abord, le contexte, la Chine du Nord, que je ne connais pas, et puis la promesse d’une grande délicatesse dans l’écriture et le style offert.

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été déçue, loin de là, j’ai beaucoup apprécié, en effet, la douceur opérée dans les mots, et la structure choisie pour rendre forme à ce récit fictif donné à la première personne.
Xiao’e, l’héroïne délicate et fragile de cette histoire se raconte à Harbin, grande ville du Nord de la Chine assez méconnue des occidentaux, et nous plonge au cœur de son quotidien et de son histoire douloureuse (et tristement originale) aussi.

Ce texte qui débute lentement (je me suis demandé au début, si ce n’était pas un texte pour adolescentes ! ), prend peu à peu de l’ampleur et suffisamment de puissance pour nous permettre d’entrevoir les difficultés économiques, sociales et culturelles de la Chine d’aujourd’hui.
Cependant, l’intérêt pour moi de ce livre, c’est d’abord l’atmosphère qui s’en dégage ; la plume vibrante de sobriété et d’émotions fait la part belle à l’amitié intra-générationnelle, multi-culturelle, à la nature, à la musique, à la beauté des êtres et des choses tout simplement.
Il y a là un côté épicurien, mais aussi taoïste tout simplement délicieux et inattendus, sans aucune mièvrerie (l’auteur est chinoise !).
Cette dernière soigne la psychologie de ses personnages, et c’est comme une caresse qui subsiste, une fois le livre fermé, même si c’est une caresse amère.

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